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Financement participatif : ce qu’il faut savoir

Le financement participatif, aussi appelé crowdfunding, connaît un développement considérable de ses activités depuis quelques années. Véritable nouveau support d’investissement ou effet de mode, il est parfois difficile de comprendre exactement ce qu’il recouvre. Hellomonnaie t’apporte ses éclairages pour tout savoir sur le sujet. Quelle est la définition du financement participatif ? Comment ça fonctionne, et pourquoi investir sur une plateforme de crowdfunding ?  

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À savoir
  • Le financement participatif permet de mettre en relation des porteurs de projets en recherche de financement et des particuliers souhaitant investir via une plateforme digitale.
  • Le crowdfunding prend différentes formes : le crowdlending (crédit), le crowdequity (investissement) ou encore le reward crowdfunding (don).
  • L’investissement en crowdequity peut être logé sur un PEA PME si les titres émis respectent les conditions d’éligibilité.
  • Depuis 2021, les plateformes de financement participatif sont réglementées par un statut unique européen.
  • Le financement participatif est une façon de faire bouger les choses en étant soi-même acteur des projets.

Le financement participatif, qu’est-ce que c’est ?

Financement participatif : définition

Le financement participatif (crowdfunding en anglais) permet à un grand nombre de contributeurs de s’associer pour participer au financement de divers projets. La mise en relation entre investisseurs et porteurs de projets est faîte grâce à des plateformes de crowdfunding. Ce type de financement est un processus parallèle au circuit bancaire traditionnel.

Concrètement, une entité (personne physique, association ou entreprise) souhaite financer un projet. Pour trouver les fonds, elle ne sollicite pas un prêt classique auprès de sa banque, mais décide de faire appel directement à des investisseurs via une plateforme de financement participatif. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce choix :

  • Gagner du temps : passer par une plateforme est en général plus rapide que de faire le tour des banques.

  • Baisser les coûts : il y a moins d’intermédiaires donc moins de frais. C’est vrai dans la majorité des cas, mais ce point est à relativiser. En effet, si un projet est très risqué, la société va devoir payer un taux d’intérêt élevé aux investisseurs en échange de leur engagement, ce qui au final lui reviendra assez cher.

  • Obtenir des fonds quand on ne peut pas s’adresser à une banque : les établissements bancaires traditionnels demandent des garanties pour prêter de l’argent. À la moindre incertitude, le prêt est refusé. Les start-ups sans capitaux propres, mais aussi les projets artistiques ou associatifs par exemple, trouvent en général peu d’échos auprès des banques. Le crowdfunding est souvent leur seul recours de financement.

Les différents types de crowdfunding

Un des problèmes du financement participatif est qu’il est très large. De ce fait, il regroupe des types d’opérations extrêmement différentes, qui n’ont au final pas grand-chose à voir entre elles. Ainsi, un projet de crowdfunding peut prendre différentes formes. Les plateformes s’adressent aussi bien à des investisseurs aguerris en quête de diversification et de rentabilité, qu’à des particuliers souhaitant faire un don pour une association sans en attendre d’autres retours que la satisfaction d’une bonne action.

Prise de participation (ou crowdequity) :

Le particulier va acheter des parts du capital de l’entreprise. En échange de son investissement, il va recevoir des titres financiers (titres participatifs, actions, etc.). Ces différents types de participations peuvent être souscrits sur un PEA PME s’ils respectent les conditions d’éligibilité.

Ce sont souvent des start-ups qui ont recours à ce genre de dispositifs. L’investisseur, de son côté, mise sur un développement de la valeur de l’entreprise (donc la valorisation de ses parts), ou l’obtention de dividendes.

Crédit (ou crowdlending) :

Fonctionne comme un prêt classique, à ceci près que c’est l’investisseur (et non la banque) qui prête de l’argent à l’entreprise. Il reçoit donc une rémunération (le taux d’intérêt) en échange des fonds qu’il prête. Toutes les informations réglementaires sont reprises dans le contrat, notamment le montant prêté, le taux d’intérêt, la date de remboursement des fonds, etc.

Ici, il n’y a pas de prise de participation dans la société. C’est juste un contrat de prêt qui est signé entre l’entreprise et l’investisseur. Une fois le prêt remboursé, celui-ci n’a plus d’attache avec l’entreprise financée. Le crowdlending peut prendre la forme d’un prêt, mais également de minibons, notamment pour financer les PME et les ETI.

Don (ou reward crowdfunding) :

C’est ce qu’on appelle les cagnottes. Celles-ci sont souvent mises en place par des particuliers, des associations, des écoles, etc. pour financer un projet en particulier (défi sportif, cause humanitaire, projet écologique, etc.).

Nous ne sommes pas ici dans le champ de l’investissement. Le particulier n’espère pas obtenir un rendement de son placement. Tout au plus recevra-t-il un avantage en nature ou un exemplaire du produit qu’il a contribué à financer.

Du fait de ce large spectre, les plateformes de crowdfunding se spécialisent de plus en plus : plateformes consacrées aux dons et associations caritatives, immobilier, financement de projets écologiques, etc.

Pourquoi investir dans une opération de financement participatif ?

Par conviction personnelle

Le financement participatif est le moyen de mettre ses actes en rapport avec ses convictions. En 2021, 23,4% des fonds collectés et 45,6% des projets financés avaient une dimension sociale ou environnementale*. Certaines plateformes se sont même spécialisées, et ne proposent que des opérations en lien avec la transition écologique. Beaucoup de projets tournent autour de la défense de l’environnement ou de projets humanitaires. Les particuliers sont en recherche de sens et sont de plus en plus nombreux à souhaiter voir concrètement où va leur investissement.

Côté caritatif, les plateformes de crowdfunding sont aussi une nouvelle façon de faire des dons. Après les nombreux scandales autour de l’argent mal utilisé par de grandes associations, les Français préfèrent donner pour une opération concrète. Ils peuvent ainsi suivre le projet et voir le bénéfice de leur participation.

* Baromètre Mazars 2021 sur le financement participatif

Pour obtenir un meilleur rendement

Sur 2021, le taux de rendement interne (donc intégrant les pertes et défauts de remboursements) était de 5,93% pour les prêts rémunérés, 6,32% pour les mini-bons et 7,56% pour les emprunts obligataires. En cas de non-défaut, ce taux peut donc être bien supérieur, avec parfois des taux de rémunération atteignant les 12%.

Attention toutefois, pas de magie. Qui dit meilleure rémunération dit aussi plus de risques.

Les investissements (achats de parts de sociétés ou prêts) ne sont pas garantis. L’entreprise peut faire défaut et ne pas rembourser les prêteurs, ou encore faire faillite et perdre toute valeur. Plus le rendement d’un projet est élevé, plus le risque lié est important. Il est donc primordial d’analyser les projets dans lesquels on investit.

Ce type d’investissement doit intervenir dans une stratégie de diversification, après avoir constitué un portefeuille d’actions mondialement diversifié et défini une stratégie de long terme solide. Comme pour tous les autres actifs, il est important de diversifier ses investissements. Cela signifie ici investir moins sur plusieurs petits projets plutôt qu’un gros montant sur une seule opération.

Les grands types de projets de financement participatif

Le financement participatif immobilier

C’est un des plus connus, et il se développe énormément. Il s’agit ici de prêter de l’argent à un promoteur pour participer à la construction ou à la rénovation d’un ensemble immobilier. L’argent est remboursé quand les logements sont vendus, parfois avant si un prêt bancaire prend le relais de l’opération initiale. Faisons un rapide tour d’horizon des principaux avantages et inconvénients du crowdfunding immobilier :

Avantages & inconvénients

  • Rendement intéressant : entre 7 et 12% brut. La fiscalité appliquée est celle de la flat tax de 30% sur les gains réalisés ;
  • Manière d’investir dans l’immobilier sans acheter un bien physique ;
  • Bonne option pour diversifier ses investissements au sein d’un portefeuille global (en tant que classe d’actif), mais également au sein de la classe d’actif immobilier. Il est en effet difficile de diversifier ses placements immobiliers du fait du capital important à immobiliser pour l’achat d’un bien physique ;
  • Possibilité de se placer sur de nombreux projets avec un capital restreint.

  • Risque élevé : le promoteur fait appel au financement participatif généralement pour compléter un prêt bancaire, ou quand il n’a pas obtenu son crédit. Il faut bien comprendre que les dossiers qui arrivent sur les plateformes de crowdfunding immobilier ne sont souvent pas passés auprès des banques. Donc forcément, il y a un risque élevé. Parfois, la banque prend le relais du prêt quand l’opération est stabilisée (obtention du permis de conduire, vente d’un certain pourcentage de lots, etc.), et le promoteur rembourse à ce moment les prêteurs. Il y a donc une vraie notion de risque à ne pas négliger.
  • Connaissances et temps : du fait du risque important, une étude minutieuse de chaque projet est indispensable avant d’investir. Est-ce que le permis de construire a été accepté, est-ce que la commercialisation a commencé, l’emplacement est-il intéressant, etc., toutes ces questions doivent être passées en revue avant de se lancer. Cette analyse demande un certain niveau de connaissances pour comprendre les éléments fournis, mais également de consacrer un temps non négligeable aux différents projets.

Le crowdfunding immobilier représente une voie alternative aux SCPI pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’immobilier. Même si les deux sont des placements dans la pierre, ce ne sont pas du tout les mêmes actifs. 

Quand on souscrit des parts de SCPI, on achète une part d’un portefeuille de biens immobiliers, administrés par une société de gestion selon une politique établie à l’avance. L’investissement peut être conservé sur le long terme, et les parts cédées à tout moment. 

Dans le crowdfunding, l’investisseur prête de l’argent à une société immobilière pour un projet identifié, une durée précise et un taux d’intérêt connu à l’avance. C’est un contrat de prêt entre les deux parties. L’investissement est plus risqué (un seul bien et une seule contrepartie), alors que les SCPI sont plus diversifiées, donc moins risquées (plusieurs biens en portefeuille). L’avantage principal du financement participatif immobilier est qu’on peut espérer un rendement supérieur sur une durée d’investissement plus courte (2 ans en moyenne).

Le financement participatif entreprise

On peut l’assimiler à du private equity grand public. Le private equity concerne de gros dispositifs de rachats ou de prises de participation d’une entreprise. Celle-ci perd généralement sa gouvernance au profit des équipes du fonds investisseur, qui viennent pour restructurer la société et surtout la rendre plus rentable. Même si parfois les développements sont faits en coordination avec l’équipe en place, le fonds de private equity est décideur sur les mesures (parfois agressives) à mettre en place.

Dans le crowdfunding d’entreprise, le contexte est un peu différent. L’investisseur va acheter des parts de société ou prêter de l’argent contre un taux d’intérêt. L’objectif pour l’entreprise est de lever des fonds pour financer un projet précis de développement, ou pour soutenir sa croissance au début de son activité (dans le cas d’une start-up par exemple). Le particulier qui apporte des fonds est donc un peu un « business angel » à son niveau. L’idée est bien d’investir pour aider le développement de l’entreprise, et non en prendre le contrôle. 

D’ailleurs, dans le terme même crowdfunding, c’est bien une multitude de personnes qui apportent un petit montant, contrairement au private equity où quelques investisseurs fortunés mettent de gros tickets sur la table (comme dans les clubs deals par exemple).

Maintenant que nous avons défini le financement participatif d’entreprise, quels sont les avantages et inconvénients d’un tel investissement ?

Avantages & inconvénients

  • Investir directement dans un projet précis, une entreprise à laquelle on croit.
  • Rendement intéressant.
  • Possibilité de loger les titres sur son PEA PME et de bénéficier d’une fiscalité attractive.

  • Risque très élevé : l’investissement se fait souvent dans des starts-up, dont l’avenir est par nature incertain. Il faut bien analyser les perspectives de développement de l’entreprise, et ne pas se laisser influencer par le côté « friendly » de tel ou tel entrepreneur.

Pour les entreprises, faire appel au financement participatif est une option intéressante. Comme nous l’avons dit précédemment, contrairement au private equity, l’entreprise peut se financer via le crowdfunding tout en gardant le contrôle total de son développement. De plus, le processus étant totalement digitalisé, les fonds peuvent être levés très rapidement une fois le dossier accepté par une plateforme. 

Le financement participatif pour une cause ou une association

C’est par là que tout a commencé. Au début, le financement participatif était juste un moyen de faire appel à des donneurs pour financer des cagnottes, sans rendement associé. Ce n’est pas un placement financier.

Cette forme de crowdfunding est toujours très active, et on trouve de plus en plus de projets de petites entreprises qui offrent des contreparties en échange d’un don. La contrepartie n’est pas un rendement en tant que tel, mais plutôt un dédommagement pour avoir contribué à l’aventure (par exemple des produits de beauté offerts pour une entreprise de cosmétique, un t-shirt au nom de l’opération, etc.). Le participant peut également recevoir le produit qu’il a contribué à créer, avec une dotation de taille variable en fonction du montant de la contribution.

Pour conclure sur le financement participatif

Comme tu peux le voir, le financement participatif recouvre des réalités et des projets très divers : de la cagnotte de dons au financement d’un programme immobilier, en passant par la prise de participation dans une start-up, le spectre est large ! 

Dans ses versions immobilier et financement d’entreprises, c’est un placement financier alternatif qui peut booster le rendement sur une petite partie du patrimoine. Mais attention à bien respecter les règles de diversification en multipliant les petites opérations et surtout n’y consacrer qu’une faible part de son patrimoine global, car les risques associés sont très élevés.

FAQ – Questions fréquentes

Quelle est la définition du financement participatif ?

Comment choisir un financement participatif ?

Quels sont les frais d’un investissement en crowdfunding