Le guide des Trackers et ETF

Apparus pour la première fois en 1993, les ETF ont connu une croissance exponentielle depuis ces dernières années. Fin 2020, leur encours mondial atteignait 7.700 milliards de dollars. Faciles d’accès, peu chers, largement diversifiés, ils rendent l’investissement boursier accessible à tous. Toi aussi tu souhaites profiter de ces instruments financiers et investir dans les trackers ? Avant de te lancer, il est important de bien comprendre leur fonctionnement. Caractéristiques, méthodes de gestion, comment les choisir et les acheter, tu trouveras toutes les informations indispensables à connaître dans notre guide spécial ETF.

À savoir
  • Un ETF, ou tracker, est un titre qui réplique la performance d’un indice boursier comme le CAC 40 ou le MSCI World par exemple.
  • Les ETF sont des instruments puissants de diversification. Ils permettent de se positionner sur un grand nombre de sociétés avec des sommes modestes.
  • Les ETF ont des frais de gestion inférieurs aux fonds traditionnels gérés activement.
  • Outre leur indice de référence, ils se distinguent les uns des autres par leurs coûts (TER), leur âge, leur encours, leur mode de distribution des dividendes (distribuant/capitalisant) et leur méthode de réplication (réplication physique ou synthétique/swap)
  • En Europe, ils doivent suivre la réglementation UCITS, qui donne l’obligation aux gérants de donner des informations complètes et normées sur leurs ETF.
  • Les ETF sont un excellent moyen d’investir sur les marchés actions de façon diversifiée et à long terme.
Sommaire

Qu’est-ce qu’un ETF ?

ETF est l’acronyme d’Exchange Traded Funds. En France, on traduit ETF par FNB (Fonds négocié en Bourse), et on parle également de trackers. 

Comme leur nom l’indique, les ETF sont des instruments financiers cotés en bourse, au même titre qu’une action. Ils sont donc négociables en continu sur les horaires d’ouverture des bourses, ce qui les rend très faciles d’accès. 

L’objectif d’un ETF est de reproduire un indice pour obtenir la même performance, à la hausse comme à la baisse. Au lieu d’investir sur une ou plusieurs sociétés, tu te positionnes directement sur tout un marché.  C’est ce qui le rend particulièrement intéressant. Si on prend l’exemple du marché français, tu n’achètes pas du Carrefour ou du Loréal, mais directement l’ensemble des valeurs du CAC 40. C’est la même chose pour des matières premières, ou un secteur d’activité. Le fait de se positionner directement sur un panier très large de valeurs va diversifier dès le départ ton portefeuille. Tu peux ainsi te positionner facilement sur plusieurs zones géographiques ou différents secteurs d’activité.

Grâce notamment à leur méthode de gestion, la réplication d’indice, les ETF ont des frais de gestion très faibles. Leurs frais de souscription sont également très attractifs comparés à des fonds communs de placement classiques. Accessibles à partir de quelques euros, ils sont à la portée de tout investisseur, du plus débutant au plus expérimenté. 

De par leurs caractéristiques (diversification facilitée et faibles frais), les trackers sont particulièrement indiqués pour mener à bien une stratégie de « buy-and-hold ». Les personnes ne souhaitant pas passer trop de temps à gérer leur portefeuille se positionnent sur des trackers et les conservent ensuite pour une longue période. Cette méthode de gestion passive est une des plus efficaces pour s’assurer d’un gain en bourse substantiel sur le long terme.

Quelle est la différence entre un ETF et un fonds indiciel ?

Les ETF sont parfois appelés des fonds indiciels. Ce n’est pas une erreur, car ils reproduisent la performance d’un indice. Cependant, il ne faut pas les confondre avec certains fonds communs de placement qui suivent également un indice boursier. 

Dans les FCP indiciels, certains sont gérés de façon passive. Ils reproduisent dans ce cas exactement les valeurs et les pondérations de leur indice de référence. Comme les ETF, leurs frais de gestion et de souscription sont généralement faibles. Leur seule différence avec les trackers est de ne pas être cotés en continu, les rendant ainsi un peu moins liquides.

D’autres fonds indiciels sont gérés de façon active. Dans ce cas, le gérant du fonds va suivre un indice de référence, mais en essayant de booster sa performance. Il va par exemple faire varier légèrement les pondérations ou intégrer marginalement d’autres actifs. Comme pour tous les fonds actifs, les frais sont plus importants et rien ne garantit que la performance sera effectivement plus importante que celle de l’indice de référence.

Quelle est la différence entre un ETF et un fonds actif ?

Les trackers sont gérés de façon passive, c’est-à-dire qu’ils reproduisent à l’identique l’indice qu’ils suivent. Leur composition suit donc des règles bien précises, fixées à l’avance et exécutées de manière quasi automatique. Les frais de fonctionnement sont donc assez faibles. Dans des fonds à gestion active, c’est le gérant qui va décider de l’allocation du portefeuille. C’est une grande responsabilité puisque les souscripteurs de parts lui confient leur argent pour qu’il l’alloue au mieux selon la ligne de gestion du fonds. Il faut bien sûr rémunérer l’équipe de gestion, ce qui explique que ces fonds ont en général des frais de souscription et de gestion plus élevés qu’un fonds en gestion passive. Ces frais plus élevés sont justifiés par la volonté de battre le marché, donc d’afficher des performances supérieures à un indice de référence. Cependant, dans les faits, il est rare que les fonds en gestion active fassent mieux sur le long terme que leur indice. 

Comment un ETF réplique-t-il son indice de référence ?

Nous l’avons vu plus haut, un tracker reproduit la performance d’un indice. On dit qu’il le réplique. Pour bien comprendre le fonctionnement des ETF, il faut savoir qu’il existe plusieurs méthodes de réplication.

La réplication physique (ou directe)

Elle peut être totale ou partielle. Dans la réplication physique totale, le mécanisme est très simple. La société de gestion reproduit de façon identique le panier d’actions de l’indice, que ce soit en termes de lignes de titres ou de pondération. L’investisseur qui souscrit le tracker n’a aucune surprise quant à la composition de l’instrument financier qu’il achète.

Dans la réplication partielle, aussi appelée optimisée, l’ETF va sélectionner uniquement les titres de l’indice nécessaires pour reproduire la performance. Il va sélectionner un échantillon suffisamment représentatif de l’indice pour en répliquer les variations. Les pondérations par exemple pourront être légèrement différentes. De même, le panier d’actions ne sera pas parfaitement identique à celui de l’indice.

La réplication synthétique (ou indirecte)

Dans cette méthode, l’ETF investit dans d’autres actifs très liquides et indépendants de l’indice de référence. Il va ensuite effectuer un échange, appelé Swap (produit dérivé), avec une contrepartie, généralement une banque d’affaires. C’est cette contrepartie qui va garantir la performance de l’indice en échange de celle du portefeuille de l’ETF.

Prenons un exemple : Lyxor en tant que fournisseur d’ETF, souhaite mettre en place un ETF sur l’indice MSCI Russia. Pour répliquer cet indice, Lyxor va se tourner vers sa maison mère, la Société Générale, pour conclure un contrat Swap. En parallèle, Lyxor va investir son ETF dans un portefeuille composé de quelques grandes valeurs, très liquides et indépendantes de l’indice. La Société Générale va alors garantir à Lyxor la performance de l’indice MSCI Russia en échange de celle du portefeuille investi par l’ETF de Lyxor. Si l’indice surperforme le portefeuille, la Société Générale payera la différence à Lyxor et inversement.

Cette méthode effraie parfois certains investisseurs qui préfèrent passer par la réplication physique. Ils ont ainsi l’assurance de connaître le contenu de leur investissement et d’éviter le risque de contrepartie. Cependant, la réplication synthétique est particulièrement intéressante sur les marchés de niche, difficiles à répliquer physiquement par manque de liquidité des titres. Elle est également préconisée pour obtenir des ETF non positionnés sur les marchés européens, mais éligibles au PEA. Elle permet ainsi une souplesse d’investissement impossible à obtenir avec la réplication directe.

Bon à savoir

La méthode de réplication est parfois indiquée dans le nom du tracker. Ainsi, tu trouveras parfois les initiales DR (Direct Replication) en cas de réplication physique ou bien Swap pour les ETF à réplication synthétique. Par exemple, l’ETF Amundi Prime Eurozone UCITS ETF DR (C) indique par les lettres DR qu’il utilise la réplication physique.

Les différents types de trackers

Il existe de nombreux types d’ETF différents. Il faut dire que devant la multiplication des indices de toutes sortes, le nombre de trackers ne cesse d’augmenter. De plus, devant l’engouement suscité par ces nouveaux supports d’investissement, les institutions financières ont redoublé d’imagination pour développer de nouveaux types d’ETF, avec des rendements inversés ou des effets de leviers par exemple.

Les ETF capitalisant et les ETF distribuant

Avant de rentrer dans le détail de ces différents types d’ETF, précisons que comme pour les fonds traditionnels, certains trackers sont à distribution et d’autres à capitalisation. 

L’ETF capitalisant réinvestit directement les dividendes qu’il perçoit des actions. Le tracker distribuant quant à lui redistribue les dividendes à ses souscripteurs, généralement de façon trimestrielle ou annuelle. Pour choisir entre ces deux options, tout dépend de ta stratégie. Les trackers capitalisant permettent un rendement légèrement supérieur grâce à l’effet des intérêts composés. Les dividendes étant réinvestis sur le portefeuille, ils génèrent à leur tour des gains. De plus, ils ne sont pas fiscalisés. Mais si tu souhaites obtenir régulièrement des liquidités sans forcément vendre de lignes, les ETF distribuant sont à privilégier. Attention cependant à l’impact de la fiscalité qui va venir grever de 30% les dividendes en dehors d’une enveloppe fiscale (PEA ou assurance-vie).

Bon à savoir

Comme pour la méthode de réplication, l’option de distribution ou de capitalisation est généralement précisée dans le libellé même du tracker sous forme d’une abréviation. Par exemple, si tu vois mentionné C ou ACC (pour Accumulative en anglais) ou CAPI, c’est qu’il s’agit d’un ETF capitalisant. Au contraire, la présence d’un D ou de Dist (pour Distributive) signifie que tu es face à un tracker distribuant les dividendes. Si l’on reprend notre ETF de l’exemple précédent : Amundi Prime Eurozone UCITS ETF DR (C), on voit bien la présence du C. C’est donc un ETF capitalisant qui réinvestit les dividendes.

Les ETF « classiques »

Grâce aux ETF, il est aujourd’hui possible de se positionner quasiment sur tout. L’explosion des indices de toutes sortes a permis le développement d’autant d’ETF.

Les ETF géographiques

Un pays, une région, le monde, toutes les zones géographiques du globe sont couvertes par les ETF. Par exemple, l’Amundi CAC 40 UCITS ETF DR – EUR (C) permet de se positionner sur l’indice de référence de la bourse française. Le Lyxor S&P 500 UCITS ETF – Dist (EUR) réplique quant à lui l’indice Standard & Poor’s des bourses américaines.

Les ETF sectoriels

Santé, luxe, matières premières, immobilier, tous les secteurs ayant leur indice ont des ETF correspondants. De plus en plus de trackers se positionnent sur des secteurs d’avenir, comme l’intelligence artificielle, la mobilité du futur, ou l’économie numérique. Grâce aux ETF, tu peux participer à la croissance de ces nouvelles économies et également profiter de leur potentiel de développement.

  • Lyxor MSCI World Health Care TR UCITS ETF – Acc (EUR) : réplique l’indice mondial MSCI dédié aux sociétés investissant dans le domaine de la santé.
  • Amundi STOXX Global Artificial Intelligence UCITS ETF : suit les performances des entreprises positionnées sur le développement de l’intelligence artificielle.

Les ETF d’investissement socialement responsables (ISR)

Les investissements responsables prennent de plus en plus de place dans le paysage financier. Changement climatique, énergies nouvelles ou égalité hommes-femmes, les ETF suivent cette tendance en proposant de nombreux produits ISR. Prenons quelques exemples d’ETF positionnés sur des investissements responsables :

  • Lyxor New Energy (DR) UCITS ETF – Dist : permet de se positionner sur le marché des nouvelles énergies.
  •  Amundi INDEX MSCI GLOBAL CLIMATE CHANGE – UCITS ETF DR – EUR C : réplique l’indice MSCI dédié au changement climatique
  • Lyxor Global Gender Equality (DR) UCITS ETF – Acc : cet ETF réplique un indice constitué des 150 entreprises les mieux notées dans le monde selon des critères de parité hommes-femmes.

Bon à savoir

La notion d’investissement responsable est parfois indiquée dans le libellé de l’ETF par la mention ESG. Celle-ci indique que les sociétés sur lesquelles l’ETF est investi respectent des considérations environnementales, sociales et de gouvernance.

Remarque

Un des principaux avantages de l’ETF est de permettre une diversification très large de son portefeuille avec très peu d’instruments (un seul ETF peut même parfois suffire). Pour atteindre une diversification maximale, il est important de privilégier des ETF très larges, qui diversifient tant au niveau géographique que sectoriel. Par exemple, un portefeuille Monde composé d’un ETF MSCI World (70%) et d’un ETF MSCI EM (30%). Plus les ETF sont spécifiques (ETF sectoriel ou géographique), plus ton portefeuille gagne en complexité et perd en diversification. Surpondérer une région ou un secteur dans son portefeuille, c’est faire un pari!

Les ETF à rendement inversé

Devant l’intérêt croissant pour les ETF, les sociétés financières ont créé de nouveaux produits. Ainsi, il existe aujourd’hui des ETF à rendement inversé. Au lieu de suivre un indice, l’ETF réplique la performance à l’inverse, comme avec un effet miroir. L’indice gagne 3% ? L’ETF perd 3%. L’indice perd 3% ? L’ETF gagne 3%. Ils intègrent des produits dérivés qui leur permettent d’atteindre ces résultats. Ces trackers sont généralement utilisés pour tirer profit d’un marché baissier. Ils permettent également de mettre en place des stratégies de couverture pour se protéger de marchés très volatils, ou pour sécuriser des positions importantes. Ces ETF sont à utiliser avec parcimonie, et à intégrer dans une stratégie globale. Attention à bien en comprendre le fonctionnement avant de se positionner.

Les ETF à effet de levier

Ces trackers sont très risqués : ils amplifient les gains mais aussi les pertes. Ils répondent à une stratégie de court terme hautement spéculative. Ces ETF à effet de levier ne sont pas du tout adaptés à une stratégie de moyen/long terme diversifiée, et encore moins à une stratégie de « buy-and-hold ». Tu l’auras compris, ces ETF sont réservés à la spéculation.

Pourquoi acheter des trackers ?

Nous venons de faire un tour d’horizon assez large sur tout ce que peuvent proposer les ETF. Tu te dis, OK, mais maintenant, je fais quoi ? Est-ce qu’il y a vraiment un intérêt à acheter des ETF plutôt que des actions ou des fonds ? Pour t’aider à y voir plus clair, nous avons repris les principaux avantages et inconvénients de l’investissement en ETF.

Avantages

  • Facilité : pas besoin de choisir des titres en bourse, mais juste de se positionner sur un marché.

  • Diversification maximale : Très facile de diversifier son portefeuille, avec une mise de départ (et un effort) beaucoup moins importante que s’il fallait acheter tous les titres de l’indice. Un indice souvent évoqué, le MSCI World, couvre plus de 1600 entreprises dans 23 pays développés. D’autres vont encore plus loin. Cette diversification réduit considérablement le risque spécifique lié à un titre individuel.

  • Faible coût : Une gestion automatisée qui gagne en efficacité, ainsi qu’un marché de l’ETF de plus en plus concurrentiel, font profiter les investisseurs de frais réduits au minimum. Un ETF est en moyenne 4 fois moins cher qu’un fonds d’investissement traditionnel, géré de façon active par une société de gestion.

  • Transparence, objectivité et absence d’émotions : alors qu’un fonds actif est soumis aux décisions parfois subjectives d’un gérant, un ETF suit des règles prédéfinies, transparentes et objectives, dont le seul but est de répliquer l’indice de référence. Les décisions d’investissement sont donc prises en absence totale d’émotions. Et c’est une bonne chose : ce sont des émotions comme l’avidité ou la panique qui peuvent pousser un gérant à prendre de mauvaises décisions, de courir après des tendances ou de vendre de façon précipitée. Un ETF quant à lui suit froidement un indice, sans surprises.

  • Un instrument pour tout le monde : Nul besoin d’être fortuné ou de posséder une grande somme d’argent. Alors que pour certaines actions individuelles on doit débourser plusieurs centaines d’euros, l’investissement en ETF est aujourd’hui accessible à partir de quelques euros seulement. L’ETF participe ainsi à la démocratisation de l’investissement boursier en donnant à tout le monde la possibilité de participer aux marchés actions de façon simple, diversifiée et peu coûteuse.

  • Liquidité : Un ETF est un fonds coté, donc négociable à tout moment aux horaires d’ouverture de la bourse. Contrairement à d’autres classes d’actifs, comme l’immobilier par exemple, dont la liquidation (donc la vente) prend du temps et engendre des coûts, un ETF peut être vendu de façon simple, rapide, et peu coûteuse, ce qui peut être rassurant et pratique en cas de besoin urgent.

  • PEA : possibilité de se positionner dans le cadre du PEA sur des titres normalement non éligibles.

Inconvénients

  • Risque de marché : Les ETF comportent aussi des risques, car après tout ils investissent principalement en actions qui sont soumis à des fluctuations. Alors que les risques spécifiques (les mauvais risques), propres aux différentes actions individuelles, sont effacés par la diversification de l’ETF, le risque de marché (le bon risque) subsiste. C’est ce dernier qui est à l’origine du rendement, il s’agit donc d’un risque qui vaut la peine d’être pris, d’autant plus qu’il se lisse avec le temps.  Dans le cadre de marchés baissiers, il se peut donc tout à fait qu’un ETF soit dans le rouge pendant une période plus ou moins longue. Il convient alors d’être patient, de ne pas céder à la panique et d’attendre que les marchés remontent. Si tu veux en savoir plus sur les actions et leurs risques, nous te conseillons de lire notre article dédié aux actions.

  • Incitation à la spéculation : Les ETF sont très liquides. L’accessibilité et la négociation sont ainsi facilitées, d’autant plus que les frais de transaction sont peu élevés. Ce qui en soit est un vrai avantage, peut inciter à la spéculation et au trading à court terme. D’autant plus que dans le paysage des ETF, de nombreux produits sont justement conçus à cet effet : les ETF sur des zones ou secteurs très spécifiques ne sont que très peu diversifiés, et les ETF à effet de levier peuvent amplifier les pertes.

  • Accélérateur de crise : Admettons que le part des ETF dans les marchés financiers devienne de plus en plus importante. Si un grand nombre d’investisseurs venaient à vendre leurs ETF, la société de gestion – qui est dans l’obligation de suivre les règles définies par l’ETF – serait contrainte de vendre un grand nombre des actions sous-jacentes. Ceci pourrait entraîner un mouvement de panique résultant en une spirale descendante des cours. Ce phénomène n’est cependant pas propre aux ETF : des ventes massives dues à des mouvements de panique peuvent toucher toutes les classes d’actifs.

  • Risque de contrepartie : C’est un risque qui ne concerne que les ETF à réplication synthétique, donc ceux qui échangent leur performance contre celle d’un indice à l’aide d’un swap conclu avec une contrepartie. Il désigne le risque qu’une telle contrepartie fasse faillite et ne soit plus en mesure de garantir la performance de l’indice. Ce risque est encadré par la loi qui prévoit des garanties et des mécanismes de sécurité. Pour des ETF soumis à cette réglementation européenne stricte, le risque de contrepartie est donc assez faible.

  • Trop peu cher : Les ETF sont accessibles, transparents, peu chers et donc un produit de placement très attractif pour grands et petits portefeuilles. Leur simplicité participe à la démocratisation de l’investissement boursier et amène de nombreuses personnes à se détourner des professionnels pour s’informer et gérer leur portefeuille de façon autonome. Cette tendance ne réjouit pas les professionnels de l’investissement qui profitaient de l’ignorance généralisée et de la complexité pour facturer cher leurs conseils et services de gestion. Cet « inconvénient » ne concerne donc en réalité qu’un groupe en particulier, composé de gérants et de conseillers. Pour toi en tant qu’investisseur c’est clairement un avantage.

Une grande partie de ces inconvénients sont évitables, résultent d’une mauvaise utilisation du produit et sont avancés de façon répétitive par les gérants actifs qui voient leur business s’éroder. Cela ne veut pas dire que toutes ces critiques sont fausses, au contraire, on t’encourage vivement à te pencher sur le sujet et à t’informer en profondeur.

Quels ETF choisir pour son investissement ?

Définir sa stratégie d’investissement : quelques bases

Les ETF sont particulièrement adaptés à une stratégie dite “Buy-and-hold”, ce qui signifie “acheter et tenir”. Voici quelques règles de base pour appliquer cette stratégie :

  1. Investir à long terme : Comme pour tout investissement en actions, le long terme est à privilégier. Cela lisse les risques et diminue fortement ton exposition aux fluctuations du marché. 
  1. Définir le montant : Il est important de bien fixer le montant de ton investissement et de ne pas investir de l’argent dont tu pourrais avoir besoin dans un futur proche. Définit un certain pourcentage de tes revenus, en fonction de tes dépenses, de tes projets et de ton appétence au risque, que tu souhaites investir. 
  1. Investir de façon régulière : Tu peux investir tous les mois une somme fixe et ainsi faire fructifier petit à petit ton capital sur le long terme. Idéalement, tu automatises le processus (virements récurrents, plan d’investissement programmé, ect.), par exemple au moment où tombe ton salaire : tu ne remarqueras même pas l’effort d’épargne et tu n’auras plus à t’en occuper.
  1. Diversifier son portefeuille : La diversification est une règle d’or : c’est elle qui va considérablement diminuer, voire même éliminer ton exposition au risque spécifique, propre à chaque action. L’ETF est un très bon outil pour ça : il te permet d’investir d’un coup dans un très large panier d’actions. Ton portefeuille global doit être le plus diversifié possible, tant au niveau des classes d’actifs, que des secteurs d’activité et des zones géographiques. Un ETF sur le CAC40 ou sur la tech n’est pas très diversifié : privilégie une couverture mondiale, tous secteurs confondus. 

Si tu souhaites en savoir plus sur comment investir en bourse , n’hésite pas à lire notre article dédié au sujet. Tu y trouveras sûrement de bons conseils pour attaquer le sujet.

Maintenant que tu connais ces quelques bases, tu vas pouvoir commencer à sélectionner les ETF qui correspondent à tes besoins. Si tu souhaites investir sur un PEA, il faudra bien vérifier l’éligibilité du tracker au PEA. Dans tous les cas, les ETF devront s’insérer dans ta stratégie d’investissement et de diversification globale, que ce soit en termes de secteur ou de zone géographique.

Bien choisir ses trackers

Avant d’acheter un ETF, il est nécessaire de valider encore certains points :

  • L’indice de référence : un même marché peut être représenté par différents indices. Après avoir défini le marché dans lequel tu souhaites investir, identifie les différents indices correspondant. Quelle est leur renommée, le fournisseur, la méthode de construction, sa composition ? Les valeurs qui le composent sont-elles liquides ? Devant le choix pléthorique qu’offrent les ETF, on peut être tenté de choisir un indice très pointu, dans un secteur de niche. Attention dans ce cas à ce que l’ETF reste liquide à tout moment. De manière générale, les indices très larges sont à privilégier aux indices sectoriels ou géographiques trop spécifiques. Il peuvent toutefois venir en complément d’un portefeuille monde dans le cadre d’une stratégie dite « core-satellite ».
  • Les informations réglementaires : Pour chaque ETF sélectionné, étudie attentivement le DICI (Document d’Information Clé pour l’Investisseur), aussi appelé KID en anglais. Ce document t’indiquera toutes les informations à connaître sur le tracker : quel est l’indice suivi, sa composition, le mode de réplication, les performances passées, le profil de risque, les frais, etc. Attention également à bien t’informer sur l’encours global de l’ETF. En effet, si un tracker a un encours faible, il présente plus de risque d’être clôturé. Choisi de préférence des ETF bien établis avec des encours conséquents.
  • L’émetteur : Les ETF sont émis par des sociétés de gestion. Certaines sont très connues comme BlackRock, Vanguard, Lyxor ou Amundi, d’autres plus confidentielles. Le DICI contient des informations précieuses sur les émetteurs, notamment le nom du dépositaire ; de quoi se rassurer sur tes recours en cas de défaut de la société de gestion. Vérifie également que l’émetteur a bien l’agrément de l’AMF indispensable pour commercialiser des trackers. 
  • Les indicateurs : comme pour tous les investissements financiers, il est essentiel d’analyser les indicateurs de performances des ETF. Un indicateur particulièrement pertinent est le tracking difference. Il mesure l’écart de performance entre l’ETF et son indice de référence. Un autre indicateur incontournable, et complémentaire du tracking difference, est le tracking error. Il estime la différence de volatilité dans la durée entre l’ETF et l’indice qu’il réplique. Il procure donc une indication de la stabilité de l’ETF dans le temps comparé à son indice. Ces indicateurs peuvent présenter des variations plus ou moins importantes, notamment en fonction des méthodes de réplication utilisées ou du type d’affectation des dividendes. Cependant, des résultats incohérents ou des écarts trop importants doivent t’alerter quant à la gestion de l’ETF.
  • Les frais : les ETF sont réputés pour avoir des frais de souscription et de gestion faibles, très inférieurs aux autres instruments financiers de gestion collective. Cependant, ces frais ne sont pas nuls, et il peut exister des disparités importantes en fonction par exemple de la méthode de réplication ou de l’émetteur. L’ensemble des frais afférents aux ETF, hors frais de courtage (prélevés par ton courtier et non le gérant de l’ETF), sont repris dans le DICI.

Comment acheter des ETF ?

Il est aujourd’hui très facile d’acheter des ETF. Avant de se lancer, il faut juste vérifier le support de compte le plus adapté à ta situation en fonction de tes objectifs, et sélectionner le meilleur intermédiaire boursier pour passer tes ordres.

Le bon compte support pour investir

Acheter des ETF sur un PEA ou un PEA-PME

Aujourd’hui, de nombreux ETF sont éligibles au PEA et au PEA-PME. Au-delà de l’avantage fiscal procuré par le PEA, les trackers ouvrent d’énormes perspectives de diversification. Normalement, seuls les titres investis au minimum à 75% dans des sociétés domiciliées dans un pays de l’Union européenne sont éligibles au PEA. Grâce aux méthodes de réplication synthétique, certains ETF positionnés sur des zones hors Europe, sur l’immobilier ou les emprunts d’État par exemple, sont éligibles au PEA.

Si tu souhaites acheter des ETF dans le cadre de cette enveloppe fiscale, n’hésite pas à consulter notre guide du PEA.

Acheter des ETF sur un compte-titres ordinaire

Comme pour une action ou un fonds d’investissement, le tracker peut être souscrit sur un compte-titres ordinaire. Dans ce cas, il n’y a pas d’avantage fiscal particulier. La gestion est simple et sans contrainte.

Acheter des ETF dans un contrat d’Assurance-vie

Il est désormais possible de souscrire des ETF dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie. Les trackers sont alors considérés comme des unités de compte. Cette option est intéressante, car elle permet de gérer un portefeuille diversifié tout en bénéficiant du cadre fiscal avantageux de l’assurance-vie. Le seul bémol vient des frais supplémentaires qu’engendre un contrat d’assurance vie et qui peuvent venir grever la performance des ETF. D’autant plus que la sélection d’ETF accessibles à l’intérieur de ces contrats est encore souvent assez limitée. Le choix du contrat va donc être déterminant pour optimiser cette stratégie. Si tu souhaites en savoir plus sur l’investissement en assurance-vie, nous t’invitons à consulter notre guide spécial assurance-vie ainsi que notre article sur la meilleure assurance-vie.

Le bon courtier en bourse pour acheter des ETF

La distribution des trackers s’est démocratisée et de nombreux intermédiaires financiers les proposent aujourd’hui à leurs clients. Cependant, tous n’offrent pas le même service. Le nombre d’ETF proposés, ainsi que les frais de courtage et les droits de garde sont des points indispensables à étudier avant d’investir. Certains courtiers et banques en ligne sont plus spécialisés, et proposent un large choix de trackers à des prix très attractifs. Trade Republic propose même à ses clients des plans d’investissement programmés sans frais supplémentaires. Cela te permet donc d’investir régulièrement, dans un portefeuille diversifié à moindre coût. Tous les ingrédients pour un investissement long terme réussi. Tu souhaites ouvrir un compte chez un courtier en ligne pour acheter des ETF ? Notre guide meilleur courtier en ligne te donnera toutes les infos utiles.

Quelle fiscalité pour les ETF ?

Les ETF ont la même fiscalité que les actions. Ils sont soumis au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) de 30%. Le PFU se décompose entre 17,2% de prélèvements sociaux et 12,8% d’impôt sur le revenu. Cette option est celle par défaut, mais il est possible d’opter pour l’imposition à la tranche marginale de l’impôt sur le revenu. Ce choix est intéressant si le contribuable est dans la tranche marginale des 11%, voire 0%. Une fois choisi, il s’appliquera à tous les revenus de capitaux mobiliers ainsi qu’aux plus-values. 

FAQ – Questions fréquentes

  • Quelle est la différence entre un ETF et un tracker ?

    Il n’y a pas de différence. ETF est le terme anglo-saxon. En France, on parle également de trackers ou de FNB (Fonds Négociés en Bourse).

  • Quels sont les frais quand on achète un ETF ?

    Les frais sur les ETF sont très faibles en comparaison des fonds d’investissements actifs, et c’est un de leurs avantages majeurs. Cependant, il faut bien prendre en compte tous les frais qui peuvent être liés aux ETF : frais de courtage, droits de garde (appliqué par ta banque ou ton courtier) et frais de gestion (prélevés par le gérant de l’ETF).

  • Pourquoi acheter des ETF ?

    Les ETF permettent de se positionner sur un indice boursier plutôt que sur un titre seul. Ils représentent donc un outil puissant de diversification à faible coût, et pour une mise de départ très raisonnable.

  • Peut-on souscrire des trackers sur un contrat d’assurance-vie ?

    Oui, certains ETF sont éligibles au PEA, et même au PEA-PME. Ce sont d’ailleurs d’excellents outils de diversification, car ils permettent de se positionner sur des zones géographiques ou des secteurs normalement non éligibles au PEA.

     

  • Peut-on acheter des ETF sur un PEA ?

    Oui, certains ETF sont éligibles au PEA, et même au PEA-PME. Ce sont d’ailleurs d’excellents outils de diversification, car ils permettent de se positionner sur des zones géographiques ou des secteurs normalement non éligibles au PEA.