Tout savoir sur les fonds d’investissement : guide complet

Tu souhaites faire fructifier ton épargne et te lancer dans une stratégie de placement ? Les fonds d’investissement sont un bon moyen de se constituer facilement un portefeuille diversifié. Actions, obligations, immobilier ou encore capital investissement, ils offrent une multitude d’options pour ton épargne. Quels sont les types de fonds ? Quelle est la différence entre un fonds actif et un ETF ? Comment mettre en place une stratégie de diversification ? Comment choisir un fonds ? Tu trouveras des réponses à toutes ces questions et à bien d’autres dans notre guide dédié aux fonds d’investissement.

À savoir
  • Les fonds d’investissement sont des organismes de placement collectifs
  • Leur objectif est de gérer l’argent déposé par les investisseurs selon une stratégie d’investissement définie
  • Alors que pour les fonds actifs des gérants définissent la stratégie d’investissement et interviennent dans la sélection des titres, les fonds passifs, comme les ETF, répliquent la performance d’un indice de référence.
  • Les fonds actifs ont des frais de gestion plus élevés que les fonds passifs
  • L’investissement dans des fonds s’inscrit dans une stratégie de placement de long terme, de l’ordre d’une dizaine d’années.
  • On peut acheter des fonds d’investissement sur un CTO, un PEA ou une assurance-vie
Comment ça marche
  • Définis ton horizon de placement et ton exposition au risque (part d’actions dans ton portefeuille par exemple).
  • Renseigne-toi sur les différents fonds d’investissement / ETF et prends une décision d’investissement.
  • Ouvre un compte auprès d’un courtier en ligne (si tu n’en as pas encore un) pour commencer à investir.
  • Achète des parts des fonds que tu as sélectionnés et investis de façon régulière.
Sommaire

Qu’est-ce qu’un fonds d’investissement ?

Un fonds d’investissement est un organisme de placement collectif. Concrètement, des particuliers confient de l’argent à une société de gestion qui va l’investir selon des règles définies et connues à l’avance. Ils vont donc être propriétaires d’une ou de plusieurs parts de cet investissement collectif. 

Bien évidemment, de nombreux fonds d’investissement différents existent. La combinaison de différents éléments permettent de les définir :

  • les sous-jacents : ce sont les supports sur lesquels les fonds sont investis. Il peut s’agir d’actions ou d’obligations pour les fonds traditionnels, mais également des indices boursiers, des biens immobiliers, des sociétés non cotées ou encore des start-ups. La liste est conséquente et ne cesse de s’allonger chaque jour.
  • les méthodes de gestion : les fonds d’investissement peuvent être gérés de façon active ou de façon passive. Les fonds actifs sont les fonds traditionnels. C’est le gérant du fonds qui choisit les titres à acheter et à vendre. Chaque gérant, par son expertise, cherche à obtenir la meilleure performance possible pour son fonds et ainsi à battre le marché. En méthode passive, le fonds suit exactement un indice. L’objectif n’est pas ici de choisir des actions ou de faire des analyses financières, mais juste de répliquer la performance d’un indice. Nous reparlerons de ces deux méthodes plus loin dans l’article, car c’est un point fondamental pour comprendre toute la diversité et le fonctionnement des fonds d’investissement.
  • les formes juridiques : les fonds d’investissement n’ont pas tous la même forme juridique. Les OPCVM par exemple regroupent les SICAV et les FCP. Ces deux types de fonds fonctionnent de la même manière, mais ont des entités juridiques différentes. Cela ne change rien pour l’investisseur.

Dans leur grande diversité, tous les fonds d’investissement ont un point commun : ils doivent détenir un agrément de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) pour être commercialisés, tout comme les sociétés de gestion qui les gèrent. L’AMF suit et contrôle les fonds pendant toute la durée de leur commercialisation.

Pourquoi investir dans un fonds d’investissement ?

Quand on souhaite investir sur les marchés boursiers, on se pose forcément la question du meilleur support à choisir. Faut-il mieux acheter des titres en direct ou investir dans des fonds d’investissement ? Pour t’aider à y voir plus clair, faisons le point sur les différents avantages et inconvénients des fonds d’investissement.

Les avantages

La diversité et la diversification

Le choix est immense. Tu peux investir sur tous les marchés, y compris ceux très difficiles d’accès en direct pour des particuliers. Toutes les zones géographiques du globe sont couvertes et tous les secteurs d’activité sont représentés. Un fonds te permet d’investir dans un large panier de titres, qui sera, par définition, plus diversifié et doté d’une meilleure répartition des risques que si tu achètes des titres individuels.

La facilité

Il y a encore quelques années, le placement en fonds était plutôt réservé à des investisseurs bien établis avec des portefeuilles conséquents. Ils souhaitaient se positionner sur les marchés boursiers, mais en diversifiant leur portefeuille et en confiant la gestion de leurs actifs à des professionnels reconnus. Aujourd’hui, la donne a changé. L’investissement boursier s’est démocratisé et l’information est plus accessible. Tu peux ouvrir un compte titres ou un PEA en quelques clics avec les courtiers et les banques en ligne. L’explosion du marché des ETF et des fonds de gestion passive rend accessible l’investissement diversifié avec des coûts moindres et une performance identique, voire souvent supérieure à long terme à celle des fonds actifs.

La performance

L’efficacité de la diversification en gestion de portefeuille n’est plus à prouver. C’est toujours la meilleure stratégie à suivre quand on investit en bourse. Qui dit diversification, dit limitation du risque, mais également augmentation de la performance. Prenons un particulier qui va choisir lui-même les actions de son portefeuille, méthode que l’on appelle le stock picking. Sur le long terme, il ne pourra pas rivaliser avec un fonds diversifié géré par un professionnel ni même par un algorithme qui reproduit fidèlement un indice. De plus, en achetant un fonds, il n’aura qu’un ordre à passer, et non un portefeuille entier à suivre. Gérer un portefeuille de titres demande du temps et des connaissances. Si tu souhaites réellement mettre en place une stratégie de long terme pour optimiser la performance, les fonds sont clairement la meilleure option.

Les inconvénients

Le risque

Même si la diversification sécurise un portefeuille , cela ne garantit pas un investissement sans risque. Certes, se positionner sur un panier de titres est toujours plus efficace qu’acheter un titre individuel. Cependant, l’investissement portera toujours le niveau de risque de son sous-jacent. Par exemple, un fonds d’investissement actions sera plus risqué qu’un fonds monétaire. Il faut bien en être conscient au moment d’investir dans des fonds. Il est toutefois important de noter que cet inconvénient, en réalité, n’en est pas vraiment un : le risque que tu prends est rémunéré. Plus ton horizon de placement est long, plus le risque est lissé.

Les frais

Les fonds traditionnels actifs ont généralement des frais de gestion importants. Cela peut venir grever la performance et il ne faut pas sous-estimer leur impact sur la rentabilité de l’investissement. Cependant, avec les fonds passifs comme les ETF, les frais sont beaucoup moins importants et permettent d’optimiser la rentabilité.

Quels sont les différents types de fonds d’investissement ?

Nous en avons déjà parlé, le marché des fonds d’investissement est immense. Il existe de nombreux types de fonds différents, pour répondre à toutes les stratégies et les profils de risque, avec des produits du plus simple au plus complexe. Dans les moins exposés au risque, on trouve ainsi des fonds monétaires, des fonds obligataires (pas tous) ou des fonds euros, connus dans les contrats d’assurance-vie. On rencontre également des fonds actions, peut-être les plus connus, mais également des fonds immobiliers ou des fonds de capital investissement. Les fonds mixtes, quant à eux, combinent plusieurs classes d’actifs. Ils sont souvent associés à des profils de risque, par exemple un fonds dynamique ou un fonds équilibré. Enfin, les fonds de fonds investissent eux-mêmes dans un portefeuille de fonds d’investissement. Comme tu le vois, la liste est longue.

À savoir

Quels que soient les types de fonds, il est possible de faire un investissement socialement responsable, ce qu’on appelle souvent ISR. Ces fonds permettent de concilier investissement et respect des valeurs, qu’elles soient environnementales ou sociales.

Les fonds actifs et les fonds passifs

Quels que soient les sous-jacents sur lesquels les fonds sont investis, on va retrouver des fonds gérés de façon active et des fonds gérés de façon passive. 

Les fonds actifs

Structure traditionnelle du fonds d’investissement, il sont administrés par un gérant qui s’occupe de faire les investissements. C’est lui qui définit la stratégie du fonds et qui sélectionne régulièrement les titres investis. Ces fonds gérés de façon active ont généralement des frais de souscription et de gestion assez élevés. Même si les gérants visent des performances supérieures au marché, rares sont ceux qui réussissent à long terme. 

Les fonds passifs

Ils sont aussi appelés fonds indiciels. Leur objectif n’est pas de battre le marché, mais de répliquer scrupuleusement sa performance en suivant un indice de référence. Les décisions d’investissement ne sont pas arbitrairement prises par un gérant, mais suivent des règles prédéfinies liées à la réplication de l’indice. Ce mode de gestion est beaucoup moins lourd : quelques recalibrages par an sont nécessaires. Souvent un gérant s’occupe donc de plusieurs fonds en même temps et certains types, comme les ETF, sont même quasi totalement automatisés. Leur suivi demandant moins de temps et d’intervention humaine, leurs frais sont donc très faibles avec des performances identiques aux indices suivis.

Les fonds ouverts et les fonds fermés

Une autre caractéristique des fonds est qu’ils peuvent être ouverts ou fermés. La plupart des fonds sont ouverts. Cela signifie qu’il est possible à tout moment d’acheter ou de vendre des parts. C’est le cas notamment des fonds monétaires, d’actions ou d’obligations, mais également des ETF qui sont cotés en bourse, donc très liquides.

Les fonds fermés fonctionnent de façon différente. Il y a une période de souscription bien définie. Une fois cette période passée, il n’est plus possible de souscrire de nouvelles parts de fonds. De même, la date de sortie du fonds est connue à l’avance. Il n’est pas possible de vendre les parts avant la date de clôture du fonds. L’argent est donc bloqué. 

Ce type d’instrument financier est utilisé pour financer un projet précis ou pour soutenir des entreprises en développement, comme pour les FCPI (Fonds Communs de Placement dans l’Innovation). Dans ce cas, l’État offre aux investisseurs un avantage fiscal en échange de leur investissement dans ces économies très risquées. En effet, rien ne garantit que l’investisseur pourra récupérer ses fonds à la fin de la période, de nombreuses entreprises faisant faillite. Il faut donc faire très attention avant d’investir dans ces fonds. Si l’avantage fiscal est parfois un élément déclencheur, il ne faut pas oublier que les fonds sont bloqués et que l’investissement est très risqué. Comme pour chaque investissement, il faut voir au-delà de l’avantage fiscal et évaluer les risques.

Les OPCVM

OPCVM signifie Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières. Ce sont les fonds d’investissement les plus connus. Ils investissent généralement dans des actions ou des obligations. Dans la catégorie des OPCVM on trouve les SICAV (Société d’Investissement à Capital Variable) et les FCP (Fonds Commun de Placement). Les SICAV et les FCP sont gérés exactement de la même façon. La seule différence entre ces deux types de fonds est leur forme juridique qui est différente. Ce sont généralement des fonds traditionnels gérés de façon active par une société de gestion. Grâce aux SICAV et FCP, tu peux investir sur des zones géographiques comme les États-Unis, la France ou les pays émergents, mais également sur des secteurs d’activité comme le luxe ou la santé. Le gérant du fonds choisit lui-même les actions sur lesquelles il investit en espérant obtenir le meilleur rendement possible pour ses clients.

Les ETF

Les ETF, aussi appelés trackers ou fonds indiciels, sont le pendant des OPCVM, mais en gestion passive. Comme les OPCVM, ils vont te permettre d’investir sur n’importe quel secteur d’activité ou région du globe. Le risque va dépendre du type de titres financiers sur lesquels est investi le fonds. Mais contrairement aux SICAV et FCP, la gestion sera faite de façon automatique par un algorithme ou un gérant qui n’aura pas d’influence sur le choix des actions. L’objectif d’un ETF est de répliquer à l’identique la performance de l’indice qu’il suit. Cela permet d’être sûr d’obtenir la performance de l’indice, sans mauvaise surprise, mais également d’avoir des frais de gestion bien inférieurs à ceux des OPCVM. De plus, les ETF sont cotés en continu toute la journée. Ils sont donc très accessibles et faciles à négocier.

Les ETF sont des fonds passifs, mais peuvent répliquer leur indice selon deux méthodes différentes :

  • la réplication physique : le fonds va reproduire à l’identique l’intégralité de l’indice ainsi que ses pondérations. C’est ce qu’on appelle la réplication totale. La réplication peut également être partielle. Dans ce cas, seule une partie suffisante des titres de l’indice sera achetée pour répliquer la performance de l’indice sous-jacent.
  • la réplication synthétique : ici le fonds va investir dans d’autres titres que ceux de l’indice suivi. Il va ensuite échanger la performance de son portefeuille contre celle de son indice, à l’aide d’un SWAP. Cette méthode ouvre de nombreuses perspectives, notamment pour acheter sur un PEA des fonds normalement non éligibles sur ce compte.

Si tu veux en savoir plus sur les ETF, n’hésite pas à consulter notre guide spécial ETF et trackers.

Les fonds d’investissement dans l’immobilier

Les SCPI

Les SCPI sont des sociétés de placement dans l’immobilier. Elles achètent et gèrent des biens immobiliers pour le compte de particuliers qui souscrivent des parts. Au lieu d’avoir un portefeuille de titres financiers comme des actions ou des obligations, le fonds administre des biens immobiliers physiques. Les revenus générés par les SCPI sont considérés comme des revenus fonciers.

Les SCPI sont très intéressantes si tu souhaites investir dans l’immobilier, mais que tu n’as pas les fonds nécessaires (ou que tu ne souhaites pas immobiliser autant de capital) pour acheter un immeuble en propre. De plus, pas besoin de trouver des locataires ou de gérer des états des lieux, tout est pris en charge par la SCPI. Enfin, investir via des SCPI permet de diversifier son investissement. En effet, la SCPI va pouvoir se positionner sur plusieurs biens avec parfois des natures différentes (logements, bureaux, entrepôts, etc.), ce qui est difficile à faire en propre. Si tu t’intéresses à ce type d’investissement, tu peux consulter notre guide dédié aux SCPI.

Les SIIC

Les SIIC sont des sociétés d’investissement immobilier cotées. Comme les SCPI, leur rôle est de gérer un portefeuille de biens immobiliers. Cependant, leur statut est différent. En effet, les SIIC sont des actions cotées en bourse. À ce titre, elles sont accessibles facilement avec un ticket d’entrée et des frais inférieurs aux SCPI. Comme ce sont des valeurs mobilières, leurs revenus (dividendes et plus-values) sont soumis au PFU de 30% et non aux revenus fonciers. Ces fonds sont une bonne alternative aux SCPI pour investir dans l’immobilier.

Les OPCI

Autre support de pierre papier, les OPCI sont des organismes de placement collectif en immobilier. Leur forme est proche des SCPI. Seule différence : alors que les SCPI ont des investissements purs en immobilier, les OPCI détiennent des biens immobiliers physiques, mais également des titres financiers liés à l’immobilier. Par exemple, ils peuvent avoir en portefeuille des actions de sociétés immobilières (SIIC) ou des parts de SCPI. L’OPCI doit être investi minimum 60% d’actifs immobiliers. Des liquidités, des actions ou des OPCVM constituent le reste du portefeuille. Il s’agit d’un support d’investissement mixte entre biens physiques et titres, avec une prédominance sur le secteur immobilier.

Les fonds de capital investissement

Ces fonds, plus confidentiels, sont des outils de diversification intéressants. En effet, ils sont décorrélés des marchés boursiers, car investis sur des sociétés non cotées en bourse. Ils sont réservés aux investisseurs qui ont déjà un portefeuille boursier diversifié, et qui peuvent se permettre de prendre des risques importants. Ils ont généralement des avantages fiscaux associés, à la souscription ou à la liquidation du fonds.

Les FCPR

Les FCPR sont des fonds communs de placement à risques. Leur objectif est d’investir sur des sociétés non cotées sur les marchés boursiers. Comme leur nom l’indique, ce sont des fonds à risque élevé. En effet, les fonds versés par les investisseurs servent à soutenir le développement de sociétés en devenir. Certaines vont réussir, et d’autres vont faire faillite. L’équilibre est donc précaire à trouver pour que le FCPR soit bénéficiaire. Ces fonds fermés ont une période précise de souscription. Si les parts sont détenues au moins 5 ans, les revenus générés sont exonérés d’impôt sur le revenu. Dans ce cas, l’investisseur s’acquitte uniquement des prélèvements sociaux de 17,2%.

Les FCPI

Les FCPI sont des fonds communs de placement dans l’innovation. Comme les FCPR, l’objectif est de soutenir le développement de sociétés non cotées. La particularité est que ces sociétés doivent être reconnues comme innovantes. Au minimum, 15% des charges de l’entreprise doivent être consacrées à la recherche et au développement. Comme les FCPR, ce sont des fonds à enveloppe fermée avec une période fixe de souscription et une date de liquidation. Les FCPI ont en général une durée de vie de 5 ans.

Les FCPI donnent également droit à un avantage fiscal. Un crédit d’impôt est accordé l’année de la souscription, de 25% du montant investi, avec un plafond de 12.000€ pour une personne célibataire et 24.000€ pour un couple. Un investisseur seul peut donc obtenir jusqu’à 3.000€ de crédit d’impôt l’année de souscription s’il investit 12.000€ dans le FCPI. Attention, pour ne pas perdre son avantage fiscal, le souscripteur doit s’engager à garder ses parts pendant 5 ans.

Les FIP

Derniers nés dans la catégorie des fonds de capital investissement, les FIP sont des fonds d’investissement de proximité. Ces fonds ont été créés pour soutenir les PME régionales. Leur fonctionnement est identique à celui des FCPI. La différence majeure est qu’ils doivent être investis à 70% dans des PME européennes. Comme pour les FCPI, les FIP ont des dates de souscription et de liquidation fixes. L’avantage fiscal accordé est un crédit d’impôt la première année de 18% à 25% du montant investi, en fonction des dates de souscription. Les plafonds de 12.000€ pour une personne célibataire et de 24.000€ pour un couple sont identiques.

Déclinaison des FIP classiques, il existe des FIP Corse et des FIP outre-mer. Leur objectif est de soutenir l’économie de ces deux régions. S’agissant de zones de développement prioritaires, l’État accorde sur ces FIP des crédits d’impôt plus importants, de 30% à 38% en fonction des dates de souscription.

Bon à savoir

Il est possible de souscrire plusieurs FIP ou FCPI différents, dans la limite des plafonds de 12.000€ pour un célibataire ou 24.000€ pour un couple. Sous cette condition, les avantages fiscaux des FCPI et des FIP sont cumulables, mais entrent dans le plafond global des niches fiscales de 10.000€.

Les autres fonds d’investissement

Il existe de nombreux types de fonds différents, et il est difficile, voire impossible, d’en faire la liste exhaustive. Par exemple, tu peux trouver des fonds investis sur les forêts ou des fonds dédiés à l’épargne salariale.

Comment choisir un fonds d’investissement ?

Définir sa stratégie

Comme tu l’as vu, l’offre de fonds d’investissement est très large. Il est donc primordial de définir ta stratégie d’investissement afin d’effectuer ton choix. Pour cela, tu vas devoir analyser certains points :

Le profil de risque

C’est par là qu’il faut commencer. Comme évoqué plus haut, les fonds vont du plus sécuritaire, comme les fonds monétaires, au plus risqué, comme les FCPR. Bien sûr, chacun cherche à obtenir la meilleure performance possible, mais celle-ci est à mettre en rapport avec les risques encourus. Peux-tu te permettre d’encaisser des pertes temporaires (ou pas) ? As-tu besoin de ces fonds pour un projet précis à moyen terme ? Quelle est ton aversion au risque ? Ces questions vont te permettre de définir ton profil de risque.

L’horizon de placement 

Quand on investit sur les marchés boursiers, il est toujours préférable de se positionner sur un horizon long terme, de l’ordre d’une dizaine d’années. Cependant, certains, pour des raisons personnelles, ont un horizon de placement plus court. Ils peuvent avoir un projet d’achat immobilier dans 5 ans, ou les études de leurs enfants à financer. D’autres au contraire souhaitent placer de l’argent en prévision de leur retraite, ce qui leur donne un horizon de placement supérieur à dix ans. C’est à chacun de déterminer ce point en fonction de son profil. Ce qui est sûr, c’est qu’investir pour une longue période permet de lisser le risque dans le temps. Par exemple, sur le marché actions, des positions longues permettent de ne pas subir les fluctuations conjoncturelles des marchés et stabiliser la performance sur la durée.

La diversification

Si tu souhaites constituer un portefeuille de fonds, il est indispensable de diversifier au maximum ton risque. On pense généralement à la diversification en fonction des grandes zones géographiques, ou des secteurs d’activité. Les ETF offrent l’opportunité d’aller loin dans cette logique de diversification. En les utilisant, tu peux atteindre une large diversification, tant au niveau géographique que sectoriel, de façon très simple. Prenons l’exemple d’une stratégie 70/30 avec 2 ETF : en investissant 70% dans un ETF MSCI World et 30% dans un ETF MSCI Emerging Markets, tu couvres une grande partie des entreprises, tant dans les pays développés qu’émergent, tous secteurs confondus.

Il existe encore d’autres façons de diversifier son risque. Tu peux par exemple décider d’alterner les fonds investis sur de grosses capitalisations boursières avec des fonds positionnés sur les small-caps, à savoir des PME et des ETI. Souvent décorrélés des principaux marchés boursiers, ce sont de bons outils de diversification, mais toutefois plus risqués. 

Sélectionner les fonds

Une fois ta stratégie établie, il va falloir entrer dans le vif du sujet, à savoir le choix des fonds. Grâce aux critères retenus pour tes investissements, tu vas effectuer une liste de fonds qui correspondent à tes attentes. Comment les comparer pour trouver le meilleur pour toi ?

Les informations sur le fonds

Avant toute chose, renseigne-toi sur le fonds. Toutes les informations indispensables sont reprises dans le DICI et le prospectus. Tu y trouveras de nombreuses informations sur la société de gestion, la stratégie d’investissement ou encore les rendements passés. Le niveau de risque du fonds y est également noté sur une échelle de 1 à 7. C’est la première étape à effectuer pour vérifier que les fonds que tu as choisis correspondent bien à tes objectifs de placement.

Les frais

Sur deux fonds d’investissement proches, les frais peuvent être un élément de décision. Le DICI contient en général les frais liés aux fonds : frais d’entrée et de sortie, mais également les frais de gestion prélevés annuellement. Il peut également arriver que certains fonds facturent des frais à la performance.

En fonction du type de fonds d’investissement, les frais ont une importance majeure. Comme nous en avons déjà parlé, les fonds actifs facturent généralement des frais beaucoup plus élevés que les fonds passifs. Le gérant intervient dans le choix du portefeuille, analyse les marchés financiers, fait profiter les investisseurs de son expérience professionnelle, et cela a un coût. 

Dans les fonds passifs comme les ETF, une fois que l’indice sous-jacent est sélectionné, les achats et ventes de titres s’effectue selon des règles et pondérations prédéfinies de façon quasi automatisée. Les frais de gestion sont donc très faibles.

Ces différences peuvent faire une différence majeure sur la performance finale.

Les indicateurs 

Pour comparer plusieurs fonds investis sur les mêmes sous-jacents, la meilleure option est d’utiliser des indicateurs. Certains indicateurs analysent les caractéristiques du fonds en lui-même, alors que d’autres vont le comparer par rapport à une référence, en général un indice. Avoir un indicatif relatif est intéressant, particulièrement sur les marchés boursiers, car l’environnement joue un rôle très important. Par exemple, si un fonds perd 5% quand l’indice de référence fait -10%, c’est une très bonne performance. À l’inverse, gagner 6% quand le sous-jacent référent augmente de 15% n’est pas vraiment satisfaisant. 

Faisons un point sur les principaux indicateurs à connaître pour bien choisir un fonds d’investissement. Il s’agit pour la plupart d’indicateurs de risque et/ou de performance.

IndiceDétail
PerformanceÉvolution de la valeur liquidative du fonds sur une période donnée (mois, trimestre, année)

– Intéressant de regarder l’historique
– Généralement le 1er indicateur analysé
Volatilité
Mesure les fluctuations du cours par rapport à sa moyenne, sous forme d’un écart-type

– Indicateur de risque : plus la volatilité est grande, plus le fonds est risqué, car plus il a des fluctuations importante
Spécifique aux ETF. Mesure l’écart de performance entre le fonds et son indice de référence
– Indicateur de performance
Tracking differenceSpécifique aux ETF – Mesure l’écart de performance entre le fonds et son indice de référence

– Indicateur de performance
Tracking errorSpécifique aux ETF – Mesure la différence de volatilité entre le fonds et son indice sous-jacent

– Indicateur de risque
TER (Total Expense Ratio) ou 
TFE (Total des Frais sur Encours)
% des frais de gestion du fonds par rapport à son actif total (annualisé)
Généralement compris entre 0,5% et 2%

– Indicateur pertinent pour comparer des fonds sous l’angle des frais
Indice de SharpSe calcule par la performance/volatilité

– Met en rapport le risque pris avec les performances obtenues
Max drawdownPerte maximale potentielle mesurée par la différence entre le cours le plus haut et le plus bas.

– Indicateur de risque
alphaMesure la performance additionnelle générée par un fonds pour un risque donné et un indice de référence.

– Indicateur de performance pour un risque comparable
bêtaVolatilité d’un fonds par rapport à son indice de référence. Plus le bêta est grand, donc plus le cours du fonds s’éloigne de celui de son indice, plus le fonds est risqué.

– Indicateur de risque

Il existe bien d’autres indicateurs, mais ceux-ci sont une bonne base pour commencer à analyser les fonds d’investissement.

Quelle est la fiscalité des fonds d’investissement ?

Les OPCVM, ETF et fonds de capital investissement

Il faut distinguer deux parties :

  • les revenus de capitaux mobiliers

Ce sont les dividendes et les coupons reçus. Ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%. Le PFU se décompose d’une partie imposition de 12,8% et d’une partie prélèvements sociaux de 17,2%. Sur demande, la partie imposition peut être réintégrée aux revenus et ainsi être imposée au niveau de la tranche marginale.

Le prélèvement du PFU est effectué à la source, au moment du versement des dividendes.

  • les plus-values de cessions sur valeurs mobilières 

La plus-value est également soumise au PFU de 30%. Elle s’additionne aux autres plus-values (et moins-values) réalisées dans l’année. L’option d’intégration de la partie imposition dans les revenus est également possible.

Le PFU est prélevé avec l’imposition annuelle de revenus.

Les SCPI

Les SCPI ont la particularité d’être imposées au titre des revenus fonciers, comme des loyers reçus pour un bien physique. À ce titre, les revenus distribués sont imposés à la tranche marginale de l’impôt sur le revenu, avec toujours les 17,2% de prélèvements sociaux à payer.

Au moment de la vente des parts, c’est l’imposition des plus-values immobilières qui s’applique. Comme pour les revenus, la plus-value est imposée à la tranche marginale avec toujours les 17,2% de prélèvements sociaux. 

À partir de 6 ans de détention des parts, des abattements sont accordés sur les impôts, mais également sur les prélèvements sociaux :

Durée de détentionTaux d’abattement impôt sur le revenuTaux d’abattement prélèvements sociaux
moins de 6 ans0%0%
de 6 à 21 ans6%1,65%
22 ans4%1,6%
de 23 ans à 30 ansexonération9%
plus de 30 ansexonérationexonération
Source : service-public.fr — 09/2021

À noter

Les OPCI et SIIC sont taxés comme des Sicav ou des FCP. Les plus-values sont additionnées aux plus et moins-values boursières. 

Comment souscrire un fonds d’investissement ?

Les fonds d’investissement peuvent être souscrits sur un compte-titres ordinaire, un PEA ou encore un contrat d’assurance-vie. Dans ce dernier cas, on ne parle plus de fonds d’investissement, mais d’unités de compte. Si tu souhaites en savoir plus sur les avantages de ces supports d’investissement, nous t’invitons à consulter notre guide spécial PEA ainsi que notre guide assurance-vie.

Tous les intermédiaires financiers proposent aujourd’hui de souscrire des fonds d’investissement. Banques traditionnelles, banques en ligne proposant une option d’investissement, courtiers en ligne ou sociétés de gestion spécialisées, l’offre ne manque pas. Cependant, tous ne proposent pas l’accès aux mêmes produits ni avec les mêmes tarifs. Certains sont spécialisés dans les ETF alors que d’autres vont privilégier des fonds actifs avec des gérants reconnus. Pour être sûr de faire le bon choix, tu peux consulter nos guides sur les meilleures banques en ligne et sur les meilleurs courtiers en ligne.

Une fois ton support d’investissement et ton intermédiaire choisis, c’est très simple. Il ne te reste plus qu’à passer un ordre d’achat. L’opération s’effectue facilement en ligne, comme pour acheter des actions, sur la base de la valeur liquidative du fonds.

FAQ – Questions fréquentes

  • Quelle est la différence entre Sicav et FCP ?

    Les SICAV et les FCP sont des OPCVM. Ce sont des organismes de placement collectif. Ils sont gérés exactement de la même façon. Leur seule différence est leur forme juridique qui est différente.

  • Est-ce qu’un ETF est un fonds d’investissement ?

    Oui, un ETF est un fonds d’investissement. C’est un fonds indiciel, géré de façon passive et qui reproduit la performance d’un indice.

  • Quel est le risque d’investir dans un fonds d’investissement ?

    Le risque principal est d’avoir une perte de son capital. Il existe des fonds sans aucun risque, comme des fonds monétaires, et des fonds risqués comme les fonds de capital investissement. Le niveau de risque va dépendre du type de titres financiers sur lesquels est investi le fonds.

  • Comment acheter un fonds d’investissement ?

    Pour acheter un fonds d’investissement, tu dois détenir un compte support : un compte-titres ordinaire, un PEA ou un contrat d’assurance-vie. Il faut ensuite passer un ordre d’achat pour détenir des parts de fonds en portefeuille.

  • Existe-t-il des fonds d’investissement immobilier ?

    Oui, il existe plusieurs types de fonds investis dans l’immobilier. Les SCPI investissent uniquement dans des biens physiques, les SIIC sont des actions d’entreprises foncières et les OPCI sont des investissements mixtes entre biens physiques et actions immobilières.