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ETF Risques

ETF risques : quels sont les risques liés à l’investissement en ETF ?

Si beaucoup se refusent à investir, parce qu’ils craignent les risques, chez Hellomonnaie on pense que plutôt que de les fuir à tout prix il vaut mieux apprendre à les contrôler. Dans cet article, on t’explique pourquoi il est impossible d’investir en bourse sans prendre de risque. Avec le risque, l’important c’est d’apprendre à le gérer. Nous verrons donc ensemble comment et pourquoi un ETF peut être un outil puissant pour réduire les risques de ton investissement boursier.

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À savoir
  • Chaque investissement comporte un risque de marché. Ce risque est lié aux fluctuations naturelles du marché, aussi appelées volatilité du marché.
  • Le risque spécifique (ou intrinsèque) propre à une entreprise correspond à la fluctuation des actions de cette entreprise. Plus ton portefeuille est diversifié, plus ton risque spécifique (propre à chaque entreprise) est faible.
  • Avec un ETF monde largement diversifié tu élimines le risque spécifique propres à chacune des entreprises comprises. Le risque de marché demeure.
  • Un ETF comporte donc certes des risques mais est un bon outil pour les réduire.

Deux risques à prendre en compte pour investir en bourse

En bourse, pas de rendement sans risque. Économiquement, le risque réside dans la fluctuation des valeurs, également appelée volatilité. Les ETF sont des fonds négociés en bourse, ils n’échappent donc pas à cette règle. La valeur de chaque action varie dans le temps. Plus la volatilité est grande, plus ton risque est grand. Empiriquement, nombre d’exemples montrent que les marchés actions sont parfois susceptibles de dégringoler subitement en entraînant des pertes importantes (krach boursier 1929, crise des subprimes en 2008…). Ces exemples montrent que les marché ont parfois subi des pertes à deux chiffres en l’espace de quelques semaines.

En tant qu’investisseur, tu ne réalises une perte qu’au moment où tu vends à perte. Tant que tu ne vends pas, on parle de perte latente (vs réalisée). Avec la bonne stratégie, tu peux minimiser ton risque en ayant recours aux ETF. Comment bien utiliser un ETF pour réduire les risques de son investissement, c’est ce que nous expliquons notamment dans cet article.  

Tous les investisseurs supportent le risque de marché

Le risque de marché est supporté par tous ceux qui achètent des titres : ETF ou actions individuelles les risques de marché sont les mêmes. Par essence, le rendement récompense le risque que tu as bien voulu prendre, en quelque sorte, il s’agit d’une indemnité pour le risque pris.  

Le risque est une composante indissociable de l’évolution des cours de bourse. Le risque de marché frappe particulièrement fort en temps de crise. La crise de Lehman Brothers en 2008 ou encore la pandémie de Corona en sont des exemples flagrants. 

Te promettre d’éliminer complètement ton risque serait le pire des mensonges. Seul remède : investir sur le long terme, attendre la fin de la crise et ne pas succomber à la panique. En effet, le risque de marché existe toujours, que ce soit dans le cas des actions individuelles ou des ETF Monde. Même en diversifiant tes investissements, donc en répartissant ton patrimoine sur différents titres, la diversification n’a pas d’impact sur le risque de marché et concerne uniquement ton risque spécifique.

Toutefois pour éviter de subir de plein fouet les crises, l’unique solution est d’investir à long terme. Ainsi, tu peux laisser passer la tempête, tenir tes positions et ne pas succomber à la panique (qui te pousserait à vendre, donc à réaliser des pertes).

Réduire le risque spécifique grâce à la diversification

Le risque spécifique d’une entreprise est lié aux fluctuations des actions de cette entreprise. Les actions des différentes entreprises sont exposées à de nombreux risques. Parmi lesquels on peut citer : les scandales financiers, l’accroissement de la concurrence  (ex : perte de leadership de Blackberry sur le marché des téléphones mobiles professionnels au tournant des années 2010), le risque de pénalités (ex : amende de plus de 7Mds de dollars de BNP Paribas aux Etats-Unis, pour avoir briser l’embargo sur les activités en dollars en Iran et au Soudan), et les évolutions juridiques (ex : en Angleterre, Uber doit désormais proposer un statut de « travailleur », ce qui entraîne des coûts plus élevés). Tous ces facteurs sont susceptibles d’entraîner la baisse du cours des actions de l’entreprise ainsi que des pertes latentes pour l’investisseur que tu es.

ETF Risque diversification
Le risque spécifique à l’entreprise peut être réduit en se diversifiant dans plusieurs entreprises. | Image : Hellomonnaie

Plus ton portefeuille est restreint (donc moins il comporte de titres différents), plus il sera mis à mal en cas d’effondrement du cours d’une entreprise, par exemple en cas de faillite. Les scandales économiques en sont de bonnes illustrations. C’est ainsi qu’ Eurotunnel est devenue l’une des plus grandes déceptions boursières du XXème siècle, les multiples recapitalisations visant à absorber les surcoûts du projet n’ayant pas empêcher la chute de l’action (après un pic historique à 128 francs en 1989, elle  tombe à moins de 5 francs en 1999). De même, l’action Société Générale s’est effondrée après les révélations du scandale Kerviel, ayant entraîné la perte de 4,9 Mds d’euros en 2008. 

Les ETF Monde, parce qu’ils contiennent les valeurs d’un grand nombre d’entreprises, permettent d’éliminer le risque spécifique propre à chacune de ces entreprises. Au sein de l’ETF Monde, les titres ont individuellement moins de poids dans le portefeuille ce qui résulte en un rendement final équilibré. Les ETF largement diversifiés sont donc un très bon outil pour réduire les risques par la diversifiaction.

ETF risques : autres risques spécifiques

Prêt de titres 

Certains ETF prêtent des titres et reçoivent une contrepartie financière pour ce service. Ils génèrent ainsi des revenus supplémentaires qui te reviennent en tant qu’investisseur. C’est par exemple le cas de certains ETF à réplication directe qui réduisent ainsi les coûts liés à la détention physique des titres.

En Europe, légalement, la part maximum du prêt de titres correspond à 20% du volume du portefeuille (tenu par l’ETF). Pour la plupart des ETF qui pratiquent le prêt de titres, une garantie supplémentaire doit être déposée, par exemple sous forme d’obligations d’État. Si la valeur de cette garantie est supérieure à 20 % du volume du portefeuille, l’ETF est autorisé à prêter davantage de titres. En tant qu’investisseur, tu es donc couvert contre des pertes plus conséquentes (un peu comme pour une garantie de loyer).

Le risque de contrepartie des ETF à réplication synthétiques

Les ETF synthétiques, à l’aide de produits dérivés, répliquent un indice par une opération d’échange à terme (swap) entre un fournisseur d’ETF et un établissement de crédit. Cette opération génère un risque de contrepartie. En effet, l’établissement de crédit garantit le rendement de l’indice à la société de gestion de l’ETF en échange du rendement du portefeuille qu’il détient. Ici le risque est qu’un de ces partenaires d’échange fasse faillite et compromette le rendement de l’ETF. 

La réglementation européenne stipule que la différence entre le panier de titres détenu par l’ETF et le portefeuille d’échange ne doit pas dépasser 10 %. En pratique, la plupart des fournisseurs d’ETF effectuent le swap bien avant ce seuil des 10%. Ton risque ne peut donc pas dépasser ce seuil. 

Par exemple si le portefeuille de référence se situe à 100€ et que le portefeuille de l’ETF à 110€, alors le swap doit au plus tard avoir lieu à ce moment-là et l’excédent passe d’un partenaire à l’autre. Il en va de même dans la situation inverse, si le portefeuille de référence est à 100 € et que celui détenu par l’ETF est à 90 €. La plupart des sociétés de gestion opèrent toutefois le swap bien avant le seuil fatidique des 10%.

En outre, les partenaires de swap peuvent couvrir l’opération en plaçant de l’argent dans des garanties, par exemple des Bons du trésor, considérés comme très peu risqués. On distingue les swaps non couverts (sans garantie supplémentaire), des swaps partiellement couverts (au moins une garantie) et des swaps pleinement couverts (garanties équivalentes, voire supérieures à l’encours du fonds). La plupart des swaps sont même “surgarantis”, c’est-à-dire que l’établissement de crédit a déposé des garanties dépassant  l’encours total du fonds. Pour un ETF à réplication synthétique coté en France, le risque est donc très limité.

Conclusion : les ETF présentent certes des risques mais limités

Bien que les ETF soient un très bon moyen d’investir à moindre coût dans le monde entier, cet investissement comprend des risques que tu dois connaître pour pouvoir investir en toute sérénité. La bonne stratégie consiste à minimiser le risque spécifique par le recours à la diversification.

Par ailleurs, le prêt de titres permet à certains ETF de générer des revenus supplémentaires. Dans ce cas de figure, le risque encouru par les investisseurs privés est très faible. Tu aurais donc tort de t’en priver. 

Pour ce qui est des ETF à réplication synthétique, le risques de contrepartie existe bel et bien, notamment en cas de faillite du partenaire d’échange. Cette situation de faillite est susceptible de mettre en péril le rendement de l’ETF. Mais pas de panique pour autant, tu bénéficies de la protection des lois de l’Union Européenne. Ces dernières stipulent que la différence entre le panier de titres ou portefeuille détenu par l’ETF et le portefeuille d’échange ne doit pas dépasser 10% . Ton risque se limite donc à ce seuil. 

FAQ – Questions fréquentes

Quels sont les risques liés aux ETF ?

Qu’est-ce que le risque de marché ?

Qu’est-ce que le risque spécifique d’une entreprise ?

Qu’est-ce que le risque de contrepartie ?

Quelle est la différence entre unfunded swap et funded swaps ?