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ETF physique ou ETF synthétique ?

ETF physique ou ETF synthétique ?

Les ETF ont pour objectif de reproduire le plus fidèlement possible la performance d’un indice. La méthode de réplication désigne la technique utilisée à cet effet. Plusieurs méthodes de réplications existent. ETF physique et ETF synthétique : quelles sont ces méthodes de réplication et comment influencent-elles les coûts, la performance et la sécurité d’un ETF ? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

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À savoir
  • Tout ETF réplique un indice. Pour cela plusieurs méthodes existent : la réplication physique, l’échantillonnage et la réplication synthétique.
  • La réplication physique ou directe consiste à acheter quasiment toutes les valeurs, dans les mêmes pondérations que l’indice de référence. Lorsque la réplication est exactement identique à son indice, on parle d’ETF à réplication totale.
  • Dans le cas de l’échantillonnage (réplication physique partielle), la société émettrice de l’ETF procède à une présélection. Ici aussi l’objectif est de répliquer fidèlement un indice de référence. La différence : seul les valeurs les plus représentatives de l’indice sont achetés physiquement.
  • Dans le cadre d’un ETF synthétique, l’indice est répliqué par le biais d’un contrat d’échange à terme (swap) conclu entre l’émetteur et une banque d’affaires partenaire. Cette méthode est particulièrement adaptée aux marchés de niche et de matières premières.

Il existe trois méthodes différentes :

  • la réplication physique ou directe (totale)

  • l’échantillonnage optimisé ou réplication physique (directe) partielle

  • la réplication synthétique

ETF physique : la réplication physique totale

Les ETF physique, ou à réplication directe répliquent l’indice en achetant individuellement (presque) toutes les valeurs de l’indice. Ils contiennent donc les mêmes proportions de chacune des valeurs de l’indice de référence. Lorsque les ETF physique reproduisent les indices à l’identique, on parle de réplication totale ou de réplication intégrale. 

Par exemple, un ETF physique à réplication totale sur le CAC 40 contient donc les 40 valeurs de l’indice avec la même pondération que celui-ci. Si une entreprise quitte le CAC 40 ou qu’une nouvelle entreprise entre dans l’indice, les ETF physiques sont rééquilibrés en conséquence. Concrètement, les valeurs des entreprises quittant le CAC40 sont vendues et les valeurs des entreprises qui y entrent sont achetées. Chaque transaction de ce type engendre des frais qui sont directement prélevés sur l’encours du fonds. Evidemment, le Total Expense Ratio (TER) dépend du nombre de transactions effectuées par la société qui gère l’ETF. Pour les marchés de niche qui sont plus difficiles à reproduire, les frais sont souvent plus élevés que pour les grands indices établis comme le Dow Jones ou équivalent, composé essentiellement de “blue chips”. 

Avec 40 valeurs, reproduire physiquement le CAC40 reste tout à fait envisageable. C’est déjà plus complexe dans le cas des ETF monde, qui se composent de centaines, voire de milliers de valeurs différentes. Par conséquent les ETF à réplication physique sont bien mieux adaptés aux petits indices comprenant peu de valeurs. Pour générer des revenus complémentaires, certains ETF à réplication physique qui détiennent un grand nombre de titres, offrent contre rémunération un service de prêt de titres, ce qui leur permet de baisser leur coûts de gestion.

Tu l’auras donc compris, la réplication physique totale n’est pas toujours possible et peut s’avérer plus complexe pour de grands indices mondiaux. Raison pour laquelle, d’autres méthodes de réplication existent. Prenons l’exemple du MSCI World : il reproduit l’évolution de plus de 1 600 actions. Avec une méthode de réplication physique, l’ETF devrait acheter chacune de ces 1600 valeurs individuellement. Cela fait augmenter les coûts, là où d’autres méthodes pourraient les faire baisser. 

ETF physique partiel ou par échantillonnage

Si dans le cas de l’échantillonnage l’ETF achète également physiquement les titres, il effectue ici une présélection et n’achète physiquement que les actions liquides dont le poids est jugé suffisamment conséquent au sein de l’indice. Cette méthode convient particulièrement bien aux indices très larges, dont la performance est majoritairement tirée par quelques grandes entreprises. On parle aussi d’échantillonnage optimisé ou de réplication physique optimisée. Les valeurs illiquides ou peu représentatives de l’indice ne sont pas achetées physiquement.

Par exemple, le MSCI Emerging Markets contient de nombreuses valeurs dont le poids au sein de l’indice est inférieur à 0,01%. En effet, on y trouve des valeurs provenant de marchés moins accessibles et moins liquides. Avec une technique d’échantillonnage, l’ETF physique partiel écarte ces valeurs qui n’influent que marginalement sur l’évolution du cours. En comparaison avec une réplication intégrale, cela permet de faire des économies non négligeables.

Certains ETF combinent réplication physique et synthétique (voir ci-dessous). Les grandes valeurs liquides y sont reproduites physiquement tandis que les plus petites et les moins liquides font l’objet d’un swap.

ETF synthétique ou ETF swap

Un ETF synthétique ne réplique l’indice pas de façon directe, mais à l’aide de produits financiers dérivés. L’émetteur de l’ETF réplique l’indice par le biais d’un swap (contrat d’échange à terme) conclu avec une contrepartie, souvent une banque d’affaires. Cette dernière garantit à l’ETF synthétique le rendement de l’indice, en échange du rendement d’un panier de valeurs détenu par la société de gestion émettrice. Cette méthode est particulièrement adaptée aux marchés de niche ou à ceux de matières premières, puisqu’elle permet de reproduire des indices, physiquement difficiles, voire impossibles à répliquer. 

Voici un exemple d’un ETF spécial que l’on ne peut obtenir, en France, que sur la base d’un swap :

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Exemple

Xtrackers FTSE Vietnam Swap UCITS ETF
1CISIN LU0322252924

On appelle cette méthode réplication synthétique, puisqu’il s’agit de reproduire artificiellement l’indice par une opération d’échange à terme (swap). 

Concrètement, comment fonctionne un ETF synthétique ? 

Le contrat d’échange entre la société émettrice de l’ETF et la banque d’affaires est conclu en dehors du marché boursier. Les parties contractantes pratiquent ce que l’on appelle une opération over-the-counter, en abrégé une opération OTC. 

Par exemple, en tant que fournisseur d’ETF, Lyxor souhaite émettre un ETF sur le MSCI Russia (indice pas forcément facile à reproduire physiquement). Pour répliquer cet indice, Lyxor conclut un contrat d’échange à terme (swap) avec sa société mère, la Société Générale. En parallèle, Lyxor va investir son ETF dans un panier de titres composé de quelques grandes valeurs, très liquides et indépendantes de l’indice. La Société Générale va alors garantir à Lyxor la performance de l’indice MSCI Russia en échange de celle du portefeuille investi par l’ETF de Lyxor. Si l’indice surperforme le portefeuille, la Société Générale payera la différence à Lyxor et inversement.

La réglementation européenne stipule que la différence entre le panier de valeurs détenu par l’ETF et le portefeuille d’échange ne doit pas dépasser 10 %. En pratique, la plupart des fournisseurs d’ETF effectuent les swaps bien avant ce seuil de 10%. Ton risque ne peut en tout cas pas le dépasser. Concrètement, si le MSCI Russia se situe à 100€ et le portefeuille détenu par l’ETF se situe à 110€, alors le swap doit au plus tard être effectué. L’excédent passe alors d’un partenaire à l’autre ; dans notre exemple c’est Lyxor qui verse 10€ à la Société Générale. Dans le cas contraire (MSCI Russia à 110€ et panier détenu par l’ETF à 100€) c’est la Société Générale qui verse 10€ à Lyxor. 

Les ETF synthétiques te permettent surtout d’investir à moindre coût dans des marchés de niche ou sur les marchés de matières premières. Généralement, les ETF à réplication synthétique répliquent un indice de référence avec moins d’écarts de performance (tracking difference) que les ETF à réplication physique. Toutefois, les ETF synthétiques sont exposés au risque de contrepartie, lié à l’utilisation de produits dérivés. Concrètement,  c’est le risque que le partenaire, avec qui a été conclu le swap, fasse faillite et ne soit donc plus en mesure de garantir le rendement promis. 

Si en théorie, ce risque est au maximum de 10 %, en réalité, il est beaucoup plus faible. En effet, ce seuil de 10% imposé par la réglementation européenne a été introduit pour maintenir ce risque de contrepartie le plus faible possible. En pratique, la plupart des fournisseurs d’ETF effectuent les swaps bien avant ce seuil. En outre, les partenaires de swap peuvent couvrir l’opération en plaçant de l’argent dans des garanties, par exemple  des obligations d’État peu risquées. La plupart des swaps sont même “surgarantis”, c’est-à-dire que les garanties déposées dépassent l’encours total du fonds. S’il est important de savoir que ce risque existe, il n’y a toutefois pas de raison de s’inquiéter.

ETF physique ou ETF synthétique : quelle méthode de réplication est la meilleure ?

La bonne nouvelle c’est que tu ne peux pas vraiment te tromper. Les méthodes de réplication ont une influence marginale sur la performance des ETF.

Parce qu’ils reproduisent les indices avec précision, les ETF à réplication physique sont particulièrement fiables. Si comme de nombreux investisseurs tu es encore traumatisé par la crise de 2008, tu seras sûrement plus sceptique face aux produits dérivés et à la réplication synthétique. Cette crainte est compréhensible, mais souvent infondée.

Si tu souhaites investir dans les marchés de niche, tu n’as parfois pas d’autre option que de recourir aux ETF synthétiques. Si cette méthode de réplication présente un risque de contrepartie, garde en tête que des mécanismes de sécurité sont là pour sécuriser au maximum l’opération. L’émetteur de l’ETF détient toujours un panier de valeurs qui est conservé chez un dépositaire. Même dans le pire des scénarios, si les deux parties (émetteur de l’ETF et partenaire d’échange) font faillite, tu ne perdrais que le rendement du swap en cours. Même si les probabilités de réalisation d’un tel scénario sont très faibles, on t’invite à vérifier les garanties déposées par ton ETF. 

Tu peux d’ailleurs trouver la méthode de réplication d’un ETF dans le DICI, la fiche technique et la documentation fournie par l’émetteur. Tu peux parfois même le reconnaître à travers différents acronymes dans le nom de l’ETF : “DR” (Direct Replication) pour réplication physique ou Swap dans le cas d’une réplication synthétique.

Comparatif des méthodes de réplication

Méthode de réplicationDescriptionMode de distribution Exemples d’application
Réplication physique totaleLes valeurs sont achetées physiquement et pondérées de la même façon que dans l’indice reproduit.distribuant ou capitalisantFaible nombre de valeurs de premier ordre : CAC40, DAX, EuroStoxx 50, Dow Jones 30
Échantillonnage optimisé (réplication physique partielle)L’ETF reproduit l’indice à l’aide d’un échantillon, c’est-à-dire une sélection des principales valeurs de l’indice.distribuant ou capitalisantPlus grand nombre de valeurs, dont des blue chips : MSCI World, MSCI Emerging Markets
Réplication synthétiqueL’indice est répliqué à l’aide de contrats d’échange à terme (swaps)principalement capitalisantMarchés de niche et ETFs spécialisés : MSCI Russia, FTSE Vietnam, MSCI Emerging Markets, ETF à effet de levier, matières premières, etc.

FAQ – Questions Fréquentes

Quelles peuvent être les méthodes de réplication d’un ETF ?

Qu’est-ce que la méthode de réplication par échantillonnage ?

Qu’est-ce qu’un ETF synthétique ?

Quelle est la meilleure méthode de réplication ?